A PROPOS DE L'AUTEUR

Pierrick PAGET
Pierrick Paget author of the motocrossbook riding his moto

Né la veille de l’été 1977, dans le Jura, d’une mère suisse et d’un père français, j’ai eu la chance d’être élevé dans un petit village de 50 habitants, Legna, sur les flancs d’une forêt dense et vallonnée. Idéal pour s’épanouir, courir, faire du vélo de route, du VTT et ne gêner personne... 

Je n’étais pas spécialement doué, loin de là, mais je pense que le fait d’être endurant et têtu aide beaucoup dans ce sport. ainsi, les répétitions de passages, associées aux conseils d’un père pratiquant et passionné, ont rapidement porté leurs fruits. Je me rappelle très bien d’une après-midi pluvieuse, j’avais 11 ans, passée dans un dévers glissant, à tenter de maîtriser l’accélération. Ou encore ces longues soirées d’été à rouler dans les champs d’ornières, le sourire sous le casque, jusqu’à la nuit... 

Mon meilleur souvenir de pilotage restera évidemment ce podium en championnat du Monde, 

lors du GP de suisse en 2000. La pluie redoublait, le terrain était un champs d’ornières et de boue, tantôt liquide, tantôt collante. Les dévers étaient nombreux, les côtes délicates et les descentes truffées de lignes profondes et (trop) longues. Mais pendant 40min + 2 tours, tout fut parfait. Sortie de grille, pointes sur les cale-pieds, filet de gaz, régime moteur, vitesse, calme, bref : L’état de grâce que l’on ne connaît qu’une seule fois dans sa vie... 

Le pic de ma carrière, je l’ai connu quasiment seul, perdu au milieu des plaines de la Californie du nord. Je m’étais inscrit à l’ouverture de l’Outdoor US, j’avais acheté une 250cm3 deux temps que je connaissais parfaitement, monté mes propres suspensions, fruit de 10 ans de tests, et je ne m’étais concentré uniquement sur la course. Le terrain était parfait, même mieux que cela. Il faisait chaud, très chaud, mais j’étais au top de ma forme. Je pars dernier, et méthodiquement, je remonterai tous mes adversaires, jusqu’à la dixième place, doublant dans les derniers tours les pilotes officiels que j’admirais dans les magazines. 

C’est ce pic que les grands champions arrivent à maintenir pendant des saisons entières, des années. Je suis reconnaissant et heureux de l’avoir connu, même l’espace de deux manches seulement...